mercredi 9 mars 2011

Chara vs Pacio

Hier, un géant a terrassé un homme. Était-ce accidentel? J’en doute. Voulait-il blesser si sévèrement le pauvre homme? Probablement pas.

Alors, faut-il s’indigner? Sévir? Demander la tête du géant au bout d’un one-piece?

Je crois que le contact entre Zdeno Chara et Max Pacioretty était plutôt anodin. En fait, s’il n’y avait pas eu la bande, ce contact n’aurait peut-être même pas été comptabilisé comme une mise en échec. Seulement, voilà, il y avait la bande et il y avait cette zone dangereuse où tant de joueurs se sont déjà blessés.
La réaction habituelle face à une telle situation consiste à se demander si Chara voulait projeter la tête de Pacioretty contre le poteau de la baie vitrée. Dur à dire. Il semble évident qu’il voulait le sonner, voir le blesser; mais le tuer? Probablement pas. Chara n’a pas la réputation d’être salaud (selon les analystes) et rien dans la bande vidéo ne laisse croire, hors de tout doute raisonnable, que le géant voulait blesser à ce point.

Résultat probable : aucune suspension, rien pour consoler Pacioretty et aucune progression dans le dossier des blessures à la tête.

D’après moi, la solution pour réduire la fréquence de ce type d’incidents est de se demander s’il convient de sévir contre Chara de manière automatique; un peu comme c’est le cas avec les bâtons élevés. Si un joueur en blesse un autre à la tête, devrait-il être responsable automatiquement? Puisqu’un joueur est en tout temps  responsable de son bâton, peut-être pourrait-il être également responsable de la portée de ses mises en échec. Je crois en effet que les coups à la tête devraient être des infractions de responsabilités absolues. Tu brûles une lumière rouge, tu as un ticket, même si le soleil t’aveuglait. Ça devrait être la même chose pour les coups à la tête.

En effet, on passe notre temps à se demander si le coup à la tête était volontaire, si le joueur voulait blesser. Or, la vérité c’est qu’on ne peut pratiquement jamais en être certain. Quelle est la différence entre frapper pour faire mal et frapper pour blesser? Pas grand-chose. Pourtant, le premier concept fait partie intégrante de tous les plans de match de toutes les équipes de hockey du monde. Inversement, le second concept est décrié par tous les analystes de toutes les émissions sportives. En faisant des coups à la tête une infraction de responsabilité absolue, on simplifie le débat. On pourra alors infliger des sanctions moins sévères puisqu’elles seront plus fréquemment imposées. Si le joueur sait qu’il aura automatiquement un match de suspension lorsqu'un autre joueur se blessera à la tête à la suite d’un contact,  il retiendra probablement davantage ses coups. Même s’il ne vise pas la tête et même si la mise en échec n’est pas dangereuse à outrance.

Dans un monde idéal, la question ne serait pas vraiment de savoir si Chara a été vicieux, mais plutôt si une blessure à la tête a été causée par ce joueur.  De cette manière, non seulement Chara ne serait pas traité de salaud et ne risquerait pas 10 matchs de suspensions, mais Pacioretty serait au moins assuré que l’incident dont il a été victime ne serait pas balayé sous le tapis.

Win Win scenario.

Jean-Sébastien Rodriguez

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire